ma mère me permit de porter des bas nylon

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J'avais 14 ans, nous étions en 1963, et je portais encore des socquettes l'été que je retirais vite lorsque le soleil brillait, et des chaussettes en hiver qui étaient tricotées maison.

Après lui avoir de nombreuses fois demandé, elle accepta, mais... il y avait un mais : le dimanche seulement. Pas question d'aller à l'école avec des bas nylon. Une bataille était déjà gagnée !

Pour se faire, il me fallait un porte jarretelle,

que nous allions trouver dans le magasin "Au gagne petit" que se trouvait sur le trottoir en face de notre immeuble, il n'y avait que l'avenue à traverser.

Je me souviens de ce porte jarretelle, il était en satin blanc, avec un petit ruban bleu marine passé tout autour. Elle ajouta à cet achat, une paire de bas nylon beige.

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Ils étaient soyeux, doux, j'avais peur de les filer en les mettant le dimanche qui suivit.

Enfin, je n'étais plus une gamine !

Comme j'étais fière, ce dimanche là, de rencontrer ma cousine sur le marché, où nous allions mon père et moi, et de lui faire admirer mes beaux bas, elle qui en portait déjà depuis un moment !

Les bas hélas filaient et lorsque nous en avions quelques paires abîmées, nous les portions chez la remailleuse, un petit métier aujourd'hui disparu

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elle était proche de chez moi, Place Voltaire à Asnières, et était installée dans une guérite tout comme celle-ci sur la photographie trouvée sur le net.

Si elle était absente, on pouvait déposer les bas dans cette boîte

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La remailleuse n'avait pas besoin de beaucoup de place pour exercer son métier, ses principaux outils étant l'oeuf en bois creusé en son milieu sur lequel elle enfilait et tendait le bas, et un tout petit crochet pour remailler

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Puis vint l'année 1964, j'avais 15 ans, et avec elle la mini-jupe, très courte, droite ou plissée dont la longueur ne doit pas excéder 10 cm sous les fesses.

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Il fallait porter cette pièce à la mode avec des collants, des bottes en hiver ou des sandales en été.

Finis les bas donc, et vivent les collants !

Inutile de vous dire que ma mère ne voulait pas que je porte une jupe au ras des fesses et l'école ne l'aurait pas permis non plus, mais les 10 cm au-dessus du genou furent autorisés, et les collants Dim adoptés.

Et fini hélas la remailleuse, à l'école, nous avions une technique, lorsque le collant filait ou se trouait : on arrêtait les mailles avec de la colle ou du vernis incolore de préférence mais parfois certaines osaient y poser du vernis de couleur, la classe, le chic quoi !

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 Tout ça c'était "Avant"

parce que 55 ans plus tard... fini bas soyeux, collants à mailles fantaisie, place aux

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 bas de contention et le plaisir de les enfiler !