J'ai la garde actuellement de 2 de mes petits enfants pour les vacances, ce qui me fait grand plaisir, mais, je me disais aussi que fréquenter les colonies de vacances, leur ferait grand bien.

Oui mais... les colos d'aujourd'hui coûtent si chères ! et ne sont pas aussi simples et bon enfant qu'étaient celles que j'ai connues.

Nous n'avions pas d'activités extraordinaires comme l'équitation, le théâtre, la plongée, l'archéologie, l'escalade, l'accro-branche, les promenades en voitures électriques si si...

MINIVOITURE

 que sais-je encore ? tous ces loisirs coûteux qui allongent la note des séjours.

Nous, nous marchions en chantant 1 kilomètre à pied ça use, ça use.... sous le soleil, chapeau sur tête, elles étaient longues les promenades, aller et retour.

Mon père (né en 1914) lui aussi était allé en colo, chez les Jésuites entre autre, à Douarnenez. Les activivités étaient pêche à marée basse des tourteaux qui à cette époque foisonnaient dans les trous d'eau. Et quand la mer était haute, c'était cueillette des mûres.

Et tout cela se retrouvait sur la table des réfectoires, tourteaux pour commencer et mûres pour finir.

Un jour, les gamins animés par un dégoût de tourteaux, les jetèrent, au retour de la pêche, dans le puits d'eau douce, seule ressource d'eau de la colo. Toute une histoire, l'eau fut inconsommable pendant des jours, les directeurs obligés de s'en faire livrer et les colons punis. 

J'ai entendu mon père souvent raconter cette anecdote !

Quant à moi, l'école s'arrêtait le 14 juillet pour reprendre le 1er octobre, puis après ce fut de fin juin au 15 septembre. Les parents trouvaient les vacances bien longues, bien que nous, les enfants, pensions tout le contraire.

Il fallait nous occuper, alors c'était colonie de vacances pour changer d'air, se faire de bon copains. Elles duraient 3 semaines, voire un mois. Mon époux une année resta deux mois dans la même colonie, il vit partir la larme à l'oeil les copains le 31 juillet et les nouveaux arriver le 1er août... Ce fut long dit-il !

Je suis partie en colo pour la première fois, je devais avoir 10 ans. J'étais une petite fille unique très timide, et ma mère pensait qu'un tel séjour me ferait grand bien. Seulement voilà, je ne voulais pas y aller ! jusqu'au jour où elle me dit "ta cousine Danièle y va aussi". Voilà qui me rassurait donc.

Le jour du départ, en gare, les parents sur le quai, les enfants déjà installés dans les compartiments, et ma cousine qui n'arrivait pas.... le haut parleur annonçait le départ du train... et toujours personne... c'est alors que je compris que ma mère avait usé de ce stratagème, ce mensonge, pour me faire partir avec "le sourire" !

Mais ce fut le contraire, un torrent de larmes, oui, un chagrin incommensurable, qui dura plusieurs jours.

Je lui en ai toujours voulu à ma mère, et encore aujourd'hui !

Ce train m'emmena pour 3 semaines à Nans-sous-Sainte-Anne dans le Doubs, dans un grand château manoir, qui appartenait aux soeurs dominicaines de ma commune de résidence à l'époque à Asnières.

Le voici : 

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il n'a pas changé aujourd'hui 

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Tout pareil, sauf qu'il n'appartient plus aux soeurs. Tout était grand à l'intérieur, l'escalier, les couloirs, les dortoirs, le réfectoire...

Nous avions juste à côté les Sources du Lison, et un torrent, où nous allions en promenade quasiment tous les jours,

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ces lieux étaient propices aux jeux de piste qui étaient organisés pour notre plus grand plaisir. Et cet endroit si rafraichissant lors des chaudes journées d'été. Mais attention : pas de baignade autorisée !

Les colonies n'étaient pas mixtes à l'époque, que des filles, ou que des garçons.

Je me souviens encore d'un autre séjour, la colonie "Joie", en Suisse, aux Monts sur Bex dans le canton de Vaud. Les soeurs avaient là encore un grand chalet en bois

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photo de l'arrière du chalet, le devant était plus beau avec ses grandes terrasses

Edit du 19 août 2018 : dans mes albums je viens de retrouver une photographie de notre beau chalet, celui de droite pour nous, et celui de gauche pour les soeurs

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face aux Dents du Midi

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 ce paysage était magnifique, nous prenions nos repas en extérieur sur la terrasse du chalet avec cette vue merveilleuse.

Dans cette colo, on aidait aux tâches que les soeurs appelaient "les corvées", par équipe, qui tournaient chaque jour : épluchage des légumes, ménage dans le réfectoire, dans les chambres, lessive...

Après c'était jeux dans le terrain devant qu'on appelait "la cuvette" parce qu'il en avait la forme. Nous chassions les orvets, ou nous faisions des roulades sur les pentes.

Après-midi comme dans toute colonie qui se respecte : sieste,

goûter constitué de pain et barre de chocolat noir ou pâte de fruits, 

puis, activités par équipe ou collective, selon. 

Venaient la toilette, le dîner et..... l'incontournable veillée bien sûr, c'est là que le moniteur ouvrait son carnet de chant et en choeur nous apprenions et chantions

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puis coucher.

Nous devions assister une fois la semaine à la messe du matin, dans une petite salle transformée en chapelle.

Il y eut la difficile et longue ascension du Col des Martinets dans les Alpes Vaudoises,

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ça grimpait dur, le sentier était caillouteux, abrupt,

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il fallut traverser le glacier des Martinets, et par endroit ça glissait, la peur a sévit dans le groupe...

Nous avons passé la nuit dans un refuge qui s'appelait Drosine, première pour beaucoup d'entre nous la nuit au refuge, ça sentait les pieds....

En fin de séjour, nous courions dans les magasins de souvenirs, dépensions notre argent de poche en objets divers que j'ai conservés,

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le sabot en bois et thermomètre s'il vous plait

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et ce petit canif acheté en Suisse, je n'avais pas assez de sous, la monitrice gentiment a donné le complément.

L'avant dernier jour dans cette colonie était pour les colons ce que les soeurs appelaient "la journée de débrouillardise", car le cuisinier et les commis étaient en congé.

Nous devions préparer le repas chacun pour son équipe, pendant que d'autres préparèrent le repas, je dessinais la carte du menu que j'ai toujours ; je dus en faire 10.

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Nous avons refait nos valises, nous nous sommes donné nos adresses, en se promettant de se revoir, puis le train nous a reconduit à Asnières où nos parents nous attendaient, bien heureuses de les retrouver, et partir avec eux au bord de la mer, ou en famille en Morvan.

Les jolies colonies de vacances.....