De quoi de quoi ? Quels temps chauds ?

MAI 68

Bien sûr ! dont on va fêter les 50 ans dans les prochains jours.

Je venais d'avoir 19 ans, et j'étais en terminale au Lycée Vauban de Courbevoie (92), où je préparais le BSEC (brevet supérieur d'études commerciales). On disait le "bsèque".

Après avoir marché pendant 5 ou 6 km entre Asnières et Courbevoie, puisqu'il n'y avait plus de bus, avec ces grèves qui commençaient, nous arrivions les copines et moi dans la cour de notre lycée où l'ambiance n'était pas la même que d'habitude.

On entendait bien à la radio que débutaient des manifestations étudiantes ainsi que des grèves générales et sauvages, mais, nous étions plutôt surprises que cela atteigne notre lycée.

Des groupes d'étudiants dispersés à divers endroits, étaient en pleine discussion, confrontation. Ca parlait haut et fort.

Dans les salles de classe d'autres élèves réfléchissaient, proposaient des votes, manifestaient, riaient, chantaient, espéraient....

Mes copines et moi on était à l'écoute, on allait et venait d'un groupe à l'autre ; pour tout dire, nous  ne comprenions pas toujours bien ce qu'il se passait, tout était si confus !

Pendant ce temps, à Paris, se construisaient des barricades,

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des pavés volaient, les CRS occupaient les rues

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Ce soir là, je me souviens, qu'avec mes parents, nous avions passé une partie de la nuit à écouter la radio, RTL je crois, les reportages en direct des émeutes qui se déroulaient dans la capitale.

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En quelques jours, les lycées du pays et le mien entraient dans la grève générale et tous les élèves de la seconde à la terminale votaient la grève générale avec occupation des locaux.

A partir de ce moment là, nous nous sommes rendues au lycée un jour sur deux (à pied toujours), pour les nouvelles, et il nous fut annoncé qu'il n'y aurait pas d'épreuves d'examen à passer pour notre BSEC préparé !!! Nos notes de l'année seraient étudiées et à leur seule consultation notre diplôme délivré !!!

Ce qui fut fait. 3 dans notre classe furent "recalées". 

 

2018-04-27

 

J'ai obtenu le BSEC en mai 1968, le diplôme chocolat, comme on a baptisé ces diplômes de 68.

Il permit à une génération de jeunes candidats au baccalauréat d'accéder à l'Université et de profiter d'une ascension sociale exceptionnelle.

En juin tout était fini, après un mois d'émeute : le calme revient à Paris et des mesures sociales sont mises en place, le ministère de l'éducation nationale instaure les représentants d'élèves et de parents dans les conseils de classe, et les relations changent entre professeurs et élèves.

Dans l'industrie : augmentation des salaires après les accords de Grenelle et reconnaissance de la section syndicale de l'entreprise.

La société corsettée se relache, un vent de liberté souffle sur le pays.

Pour l'anecdote, au même moment mon amie du Morvan avait prévu une petite virée à Paris, bien qu'on lui ait dit que ce n'était pas le bon moment, elle vint quand même.

Un soir, une autre amie commune à nous deux, nous invite au cabaret Le Don Camillo pour le diner spectacle.

Pour nous y rendre, nous prenons un taxi puisque métro, bus, ne circulent plus.

D'accord dit le chauffeur de taxi, mais je vous arrête de l'autre côté de la Seine, vous irez ensuite à pied ! Le Don Camillo est situé rue des Saints-Pères, en plein quartier Latin, le taxi flippait et on le comprend. Mais nous téméraires, avons franchi le pont sur la Seine jusqu'au cabaret à pied. Cette nuit là tout était calme. 

 

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C'était la première et dernière fois que j'allais dans un cabaret, nous y avions très bien dîné, et vu un spectacle avec entre autre je me souviens : Roger Nicolas : Ecoute, Ecoute...

Et vous que faisiez-vous aux temps chauds ?