Il sera là dimanche il paraît...

mais ce dont je veux vous entretenir aujourd'hui ce sont les jeux de nos 

RECREATIONS

à l'école

A la suite de la lecture de ce livre que j'ai reçu dernièrement

 

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Franck et Michèle JOUVE

Editions CHRONIQUE

qui retrace l'histoire de la récréation à travers les siècles (de 818 à aujourd'hui), des osselets au Pokémon... très intéressant, richement documenté, illustré de gravures et nombreuses photos, il nous replonge au temps de notre enfance dans la cour de l'école.

25 septembre 1866, Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique, généralise la pratique de couper chaque demi-journée de classe par une récréation de 10 à 15 minutes.

Dans mes années 50-60, en primaire, j'étais plutôt rêveuse comme cet enfant là

 

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attendant avec impatience l'heure de la récré, quand la sonnerie retentissait, enfin quelques moments de jeux s'offraient à nous.

Sous la surveillance du maître de service, avant de jouer, il fallait procéder au choix du premier joueur. Nous récitions une comptine d'élimination comme :

"Amstramgram, pique-et-pique et colégram, bourre et bourre et ratatam, amstramgram bourram"

ou :

 

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mais aussi :

"Plouf-plouf ça sera toi qui commencera mais comme le roi ne le veut pas, ce ne sera pas toi et comme la reine a bien voulu, ce sera toi"

Une fois ce rituel exécuté les jeux de

chat, chat perché (quoique dans mon école y avait rien pour se percher), chat stop

cache-cache

chandelle

déli-délo

1.2.3. soleil

les quatre coins

colin-maillard

 

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pouvaient commencer, à nous les folles parties.

Les "filles à la vanille" aimaient sauter à la corde

 

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en chantant :

"A la soupe soupe soupe,

au bouillon ion ion,

la soupe à l'oseille

c'est pour les demoiselles,

la soupe à l'oignon c'est pour les garçons"

la corde tournait de plus en plus vite pour faire trébucher l'enfant bien sûr.

Pour souffler un peu, un jeu plus calme, de rapidité des mains, qui se jouait 2 à 2 en chantant "Tiens voilà main droite, tiens voilà main gauche, tiens voilà main droite main gauche, tiens voilà les 2"

Avec les mains encore, et de la ficelle, on faisait la tour Eiffel, le parachute, la barrière simple et la double ou encore le bol sur l'assiette :

 

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j'ai essayé de refaire, mais... je n'y arrive plus.

Pour les filles, pas de récréation sans ronde

 

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accompagnée de jolis refrains : "Le fermier dans son pré, le fermier dans son pré, ohé ohé ohé, le fermier dans son pré...."

 

 

la petite fille prise pour être le fermier choisissait à son tour "sa femme", "son enfant", "la nourrice", "le chien", "le chat", "la souris" et enfin "le fromage" qui était battu par toutes au milieu de la ronde.

et celle-ci vous vous en souvenez

 

2 filles formaient un tunnel en se tenant par les 2 mains et chaque groupe de 2 autres filles évitait de se faire prendre à la fin de la comptine.

On pouvait encore tourner en ronde sur :

"Si tu veux faire mon bonheur Marguerite, Marguerite, si tu veux faire mon bonheur Marguerite donne moi ton coeur..."

La farandole en chantant toujours : "Sur la place de la Bastille, à travers l'immensité, on voit le soleil qui brille c'est celui de la liberté..." ou "Bonjour ma cousine i-ne, bonjour mon cousin germain, on m'a dit que vous m'aimiez, est-ce bien la vérité ? au revoir ma cousine i-ne aur...."

comme si c'était hier je me souviens bien de ces chants et jeux.

Il y avait des modes aussi, comme les balles. Quelles étaient jolies nos petites balles en mousse bien rebondissantes aux couleurs pimpantes et acidulées.

La cour de mon école était grande, carrée, bordée de grands platanes sur la gauche, et sur la droite les cabinets, un grand mur nous séparaient de l'école des garçons à côté. Il restait au fond, un petit espace de mur qui nous permettait de taper la balle dessus, puis de la laisser aller chez les garçons à côté qui la renvoyait ou pas. C'était notre espace de communication avec la gente masculine.

 

MARIE-PAULE

 Et eux les "gars au chocolat" à quoi jouaient-ils ?

Pour commencer tous les jeux de ballon forcément genre balle aux prisonniers, déli-délo, foot, aux gendarmes et aux voleurs, mais dans les années 50

 

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se pratiquaient encore, des os de mouton puis par la suite en métal et en plastique.

Ils jouaient aussi avec

 

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en terre cuite, en verre, toujours à la mode aujourd'hui dans les écoles les jeux de billes.

Ils pouvaient jouer aussi à la marelle qui était un jeu mixte, du moment que le garçon shootait dans quelque chose...un caillou leur suffisait

 

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dans mon école, elle fut interdite car la cour se couvrait de craie blanche que l'on transportait sous nos chaussures jusque dans les classes. Je me souviens que l'on jouait avec une boite ronde de réglisse en fer lestée et bien glissante sur le macadam. Aie Aie Aie aussi pour le bout des chaussures qui se rapait bien vite, les parents non plus n'aimaient pas la marelle, on se demande bien pourquoi ?

Un peu plus tard l'effet télé ouvrait la porte à d'autres jeux, sorte de jeux de rôle, avec mes copines on jouait à Rintintin, ou bien on refaisait les enquêtes du commissaire Bourrel, et puis il y avait lui encore qui nous inspirait bien

 

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Dans les années 60 vint le temps des scoubidous dans les cours de récréation

 

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des ronds, des longs, des minis, des torsadés, des hauts en couleur, que de créativité dans cet exercice.

Puis arriva le temps des yéyés

 

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 nous étions les fans de Halliday, Mitchell (une fille de ma classe disait qu'elle était sa cousine, on ne la croyait pas, mais c'était vrai je le pense maintenant...) Vartan, Cloclo, Sheila, Hardy, Dutronc, Anthony, les Surfs ! Alamo et d'autres que j'oublie...

A chacune de défendre son idole préférée, il y avait des filles qui avaient des photos et articles des journaux collés dans des cahiers, impressionnant quand j'y repense, et on feuilletait ça à la récré, en prenant soin de ne pas abîmer le précieux album !

La récré était aussi un moment de confidences ou de bagarres sous le regard des filles, des amitiés se liaient, des amours aussi... 

 

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Tout à coup, alors que nous courions, dansions, ou sautions,

Le Coup de Sifflet

strident

du maître annonçait la fin de la récré

nous nous figions sur place

puis au 2e coup de sifflet

nous nous mettions en rang et sagement retournions à nos pupitres dans la salle de classe.

Mais, dans les années 50, un autre moment de récré (pour moi la gourmande car pour d'autres c'était beurkk...) nous était offert grâce à Monsieur Pierre Mendès France qui décida en 1954 de distribuer du lait aux écoliers. Nous étions en période d'après guerre, bien des enfants souffraient de carences en calcium et de malnutrition.

 

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Vers 16 H, dans les couloirs nous entendions des "glinegligne" : c'était les petites bouteilles en verre qui se cognaient les unes contre les autres dans les chariots tirés par les dames de service. Elles nous apportaient du lait chocolaté ou vanillé que l'on sirotait avec une paille juste avant la sortie, un goûter quoi. Un délice pour moi, un calvaire pour d'autres, et une demi-heure de gagnée sur le temps d'étude.

AH ! ces récrés n'étaient que du bonheur !

et j'espère qu'elles le sont toujours pour les enfants d'aujourd'hui.