est un privilège de grand confort

qui peut-être deviendra un luxe demain ?

Le chauffage central que l'on croit récent, remonte à la Rome antique : de l'air chauffé par un calorifère, passe dans des cavités creusées sous le plancher des thermes et diffuse la chaleur dans toutes les pièces.

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Ce système ne survit pas à l'Empire romain et l'unique moyen de se chauffer pendant des siècles reste la cheminée

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c'est la mienne, avec son four à pain à gauche, nous ne l'allumons plus, bénéficiant d'un chauffage central suffisant. Cependant, elle n'est pas bouchée, en bon état, et peut-être qu'un jour nous serons heureux de nous en resservir.

La période de froid que nous subissons en ce moment n'est pas une première pour vous et moi, durant notre existence nous en avons connu d'autres n'est-ce-pas ?

1954 ça vous parle ? l'abbé Pierre et son appel vous vous en souvenez ?

J'avais 5 ans, et à cet âge, j'allais à l'école à pieds comme tous les enfants à ce moment acommpagnée par des plus grands.

Ce midi là, alors que je rentrais pour le déjeuner, l'immeuble était en mouvement :

les femmes réquisitionnaient des bassines pour récupérer l'eau des tuyaux des canalisations qui avait gelée. Un spectacle ahurissant pour l'enfant que j'étais, une sorte de fin du monde.

Je rentrais de l'école avec les genoux rougis et engourdis par le froid malgré les grosses chaussettes de laine (faites pas maman) qui couvraient mes jambes. A l'époque peu de petites filles portaient un pantalon !!

Cette année là je me souviens encore d'engelures douloureuses aux doigts de pieds (que l'on soulageait avec des bains..... de sa propre urine)

Une fois les bassines installées en attendant une réparation, j'entrais à la maison : comme il y faisait bon.

Nous habitions un petit logement (et oui après guerre tout le monde était mal logé) et nous avions pour nous chauffer une cuisinière à charbon Godin

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comme celle-ci. Elle avait 2 usages : chauffer l'espace et cuire les aliments.

Je revois maman enlever les cercles et placer sa poêle, nous cuire une omelette savoureuse. Le dimanche au marché nous achetions des coquilles St-Jacques avec papa, et le dîner arrivé, nous les passions tout simplement au four avec un brin d'ail, persil et beurre, hummm vous sentez... c'était simple mais si bon.

Sur la nôtre, il y avait toujours quelque chose qui mijotait sur le coin du feu, et une bouilloire d'eau chaude prête pour le café, la vaisselle, la toilette, ou remplir la bouillotte du soir pour réchauffer les draps, sinon nous avions l'impression d'entrer dans des linges mouillés.

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Les parents de mon époux chauffaient une brique dans le four de la cuisinière, puis enveloppée d'un journal, elle était mise au fond du lit pour le réchauffer ainsi.

Ma mère, elle, connut en Morvan où elle fut élevée, la bassinoire qui ressemblait à une bassine munie d'un manche. On plaçait des braises à l'intérieur et on la passait entre les draps avants de se coucher.

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un souvenir placé aujourd'hui comme autrefois au-dessus de son lit.

Maman m'expliquait se servir de ces chaufferettes

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(celles que j'ai chinées un jour) pour partir à la messe le dimanche par temps d'hiver. Il y avait 3,5 km à parcourir en montant tout du long. Les chaufferettes étaient remplies de braises, et permettaient une fois arrivée dans l'église glaciale de se réchauffer les pieds.

Le retour se faisait dans la descente en longues glissades, en sabots, en temps de neige et de gel, une grande partie de rigolade et de jeux pour les enfants.

Mais revenons à la maison. Les matins d'hiver je me réveillais souvent en entendant ma mère secouer et vider le cendrier, puis raviver ou carrément rallumer le feu. Parfois lorsque le vent était mal tourné, la cuisinière ne voulait pas tirer et nous étions enfumés.

Nous étions en banlieue parisienne, je n'ai pas le souvenir de ce que devenaient les cendres : jetées à la poubelle ?? je ne sais pas si c'était l'usage.

Pour allumer le feu, j'allais chercher du petit bois chez le bougnat à côté de chez moi. C'est lui aussi qui nous livrait le charbon pour alimenter notre cuisinière.

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Nous le stockions dans un "cabanon" comme nous l'appelions sur une terrasse jouxtant notre logement. Bien évidemment, il fallait remplir le seau à charbon souvent, et sortir dans le froid pour accomplir cette tâche.

Lorsqu'il faisait très très froid, mes parents utilisaient un chauffage d'appoint à pétrole qui sentait si mauvais !!! et qui ne chauffait pas grand chose.

Nous étions tous à ce moment là à la même enseigne pour le chauffage des logements, certains avaient des salamandres, d'autres des appareils modernes comme celui-ci

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qui chauffent si bien que la dame peut rester en tenue légère !

Vinrent ensuite les installations de chauffage central pour les immeubles, une chaudière installée dans les sous-sols, alimentée en charbon, gaz, fioul. L'eau monte par un tuyau jusque dans un vase d'expansion situé au point le plus haut de l'installation.

Puis, elle redescend d'étage en étage par un réseau de canalisations et alimente les radiateurs pour retourner enfin à la chaudière et y être chauffée à nouveau.

Le chauffage électrique s'ensuivit. Des risques de coupure nous pendent au nez en ce moment ! il y a encore des centrales en action pourtant, on est obligé de faire venir de l'énergie de l'étranger, et quand il n'y aura plus de centrales ?

nous reviendrons au bois pour nos petites flambées

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